vi1821_st_bernardus__hero_mobile.png
vi1821_st_bernardus_hero_desktop.png

St.Bernardus, depuis 75 ans déjà

Il y a 75 ans, Evariste Deconinck, propriétaire de la fromagerie St.Bernardus à Watou, joue aux cartes avec Dom Gerardus, l’abbé de Westvleteren. Entre la poire et le fromage, ce dernier demande à Evariste s'il veut brasser de la bière trappiste pour l’abbaye. Les pères de Westvleteren octroient trop de temps au brassage et, par conséquent, en manquent pour prier. Produire du fromage et de la bière, voilà qui parle à Evariste. Dom Gerardus lui envoie alors son maître-brasseur, sa recette et sa souche de levure. Pendant près de 50 ans, St.Bernardus brasse les célèbres bières Sint-Sixtus pour l’abbaye trappiste. Dans les années 1990, la licence expire : Westvleren et St.Bernardus empruntent des chemins divergents.

LP_vi1821_st_bernardus_abt12.png

Recette originelle de 1946

Quelles bières brasse St.Bernardus aujourd’hui ? « Les mêmes qu’au premier jour », répond le propriétaire Hans Depypere. « La seule différence est qu’elles sont désormais labellisées St.Bernardus et ne sont officiellement plus des trappistes. L’Abt 12 est encore brassée selon la recette d’origine de 1946, avec la même levure apportée à l’époque par le maître-brasseur de Westvleteren. » Le père qui illustre l’étiquette date de cette même année, même s’il a perdu sa calotte et sa croix il y a une trentaine d’années pour devenir un gentilhomme médiéval. Petit détail amusant : toutes les mille étiquettes, il affiche un clin d’oeil espiègle.

St.Bernardus n’est pas une abbaye et nous ne brassons plus de trappistes, mais nous entendons être un lieu de pèlerinage pour les amateurs de bière du monde entier. »

Hans Depypere, propriétaire de la brasserie St.Bernardus

Lieu de pèlerinage moderne

Toutes les bières de St.Bernardus bénéficient d'une seconde fermentation en bouteille, ce qui est assez unique. En matière de logistique et de coût énergétique, c’est un véritable défi. « Avant la mise en bouteille, nous ajoutons de la levure fraîche et du sucre », explique Hans. « La bière refermente ensuite deux semaines en chambre chauffée. C’est un stock important de bouteilles qui est “gelé”. Toutefois, sans cette seconde fermentation, la bière serait tout autre. » St.Bernardus a beau ne jurer que par l’ancienne recette et la méthode traditionnelle de brassage, la brasserie est bien ancrée dans le 21e siècle. Hans : « Ces dernières années, nous avons investi dans une salle de brassage automatisée, un champ de houblon propre et un bar rooftop avec vue sur la France voisine. St.Bernardus n’est pas une abbaye et nous ne brassons plus de trappistes, mais nous entendons être un lieu de pèlerinage pour les amateurs de bière du monde entier. »

Grâce à deux abbayes trappistes

St.Bernardus doit son existence non pas à une, mais bien à deux abbayes trappistes. Au début du 20e siècle, les pères de l’abbaye trappiste française Mont des Cats traversent la frontière. Une nouvelle loi anticléricale oblige en effet les abbayes de France à payer des impôts sur leurs revenus. Les pères contournent cette loi en s’implantant une dizaine de kilomètres plus loin, à Watou, en Belgique. Ils y fondent le Refuge de Notre-Dame de Saint-Bernard et y lancent une fromagerie pour subsister. Trente ans plus tard, ils vendent cette fromagerie à Evariste Deconinck, qui la transformera en brasserie avec l’aide de l’abbé de Westvleteren. Le souvenir de l’abbaye trappiste Mont des Cats n’est jamais très loin. Cette dernière est en effet visible depuis le bar rooftop.

J'aime servir l'Abt 12 avec du gibier ou un autre plat de viande généreux. Un morceau de fromage à pâte persillée est aussi à conseiller. La triple fait quant à elle un apéritif hors pair qui s'appréciera avec des amuses-bouches.

Jo, notre sommelier bières

« Patron, une bernadette ! »

Dans les cafés de Watou et des environs, les locaux ne commandent pas une St.Bernardus Triple, mais une « bernadette ». Un hommage à Bernadette, la benjamine de la famille Deconinck, qui a repris les rênes de la brasserie dans les années 1960. C’est elle qui a lancé la triple, avec son époux, à l’occasion du 900e anniversaire de Saint-Bernard de Clairvaux.